Danger des poulets de chair importés en RDC : une alerte de l’OCC qui va sauver des vies, selon le docteur Toussaint Murusi
Les scientifiques saluent l’alerte de l’Office congolais de contrôle (OCC) sur le danger sanitaire que présentent les poulets de chair égorgés et congelés à l’étranger, puis importés par la République démocratique du Congo. Toussaint Murusi, docteur vétérinaire, note que cette expertise de l’OCC vient sauver des milliers de vies des citoyens congolais.
Il fait savoir que ces chairs de poule congelées ne respectent pas la chaîne de froid pendant leur transport. Ce qui fait que les microbes se développent rapidement dans ces chairs au risque d’être nuisible à la santé humaine.
“Certainement il y a des zoonoses, donc des maladies qui se transmettent des animaux aux hommes. Alors le contrôle s’avère très nécessaire pour éviter tout ça. Et la décision d’avoir d’abord identifié, détecté et puis interdit la consommation des poulets congelés provenant de Pologne, ce qui a été dit, en tout cas c’est une bonne idée et solitaire pour nous. Les importations généralement ne respectent pas la chaîne de froid. Or, lorsque la chaîne du froid est rompue, il y a des microbes qui en profitent pour proliférer. Et ça peut être justement un grand danger pour la population », a-t-il salué.
Pour épargner les citoyens congolais de ce danger sanitaire, le docteur Toussaint Murusi encourage les éleveurs locaux à élever des poulets de chair. Il constate que l’insuffisance des poulets de chair locaux sur le marché pousse les commerçants congolais à aller se ravitailler à l’étranger.
II demande également aux bouchers locaux, vendeurs de la viande des poulets, de n’égorger que les poules dont ils sont capables d’écouler chaque jour. C’est une façon d’éviter le danger que présentent les viandes qui viennent de l’étranger en cas d’interruption du courant dans les chambres froides, a conscientisé le docteur Toussaint Murusi.
“Justement, la population consommait, mais c’était quand même dangereux. Ici, la solution, c’est de prôner la consommation locale. On importe les poussins, on les produit localement. Vous achetez un poulet vivant que vous égorgez vous-même. Là, il n’y aura pas de problème. Je pense que c’est l’unique solution que nous pouvons prendre. Ceux qui ont des boucheries de poules peuvent continuer à le faire, mais il faut qu’ils les égorgent localement. Alors, ce qu’il faut éviter, ce sont des poules congelées. En tout cas, c’est vraiment un peu dangereux. Il faut prendre ça avec réserve. Ou, carrément, ne pas prendre ça. Donc, ceux qui ont des boucheries, mais qui égorgent localement, en tout cas, il faut continuer à les encourager. Néanmoins, ils doivent aussi être prudents. Peut-être ne pas égorger beaucoup. Ils égorgent juste ce qui va finir le jour », a-t-il encouragé.
En rappel, les services de contrôle sanitaire de la RDC ont intercepté mille 384 colis de cuisses de poulet congelées en provenance de Pologne, contaminées par la bactérie Salmonella. Selon une correspondance de l’OCC consultée par 7SUR7.CD, le jeudi 25 juin 2026, ces produits ont été détectés lors des opérations de contrôle à l’importation.
Face au risque sanitaire, les autorités ont immédiatement interdit leur commercialisation, renforcé les inspections aux frontières et amorcé des enquêtes sur le circuit d’importation. L’OCC avait prévenu que la salmonelle est une bactérie responsable d’intoxications alimentaires pouvant entraîner des symptômes tels que la diarrhée, la fièvre et des douleurs abdominales.
Jean-Pierre Kilumbiro