Ebola en Ituri : le gouverneur militaire Kasongo Gaby renforce les mesures barrières 

Face à la recrudescence de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola, MVE, dans la province de l’Ituri, le gouverneur militaire, le général major Kasongo Mulumba Gaby, a pris de nouvelles mesures de lutte. Dans un arrêté provincial datant du 29 juin 2026, il a décrété une série de mesures contraignantes visant à endiguer la propagation du virus, notamment dans les zones de santé identifiées comme foyers épidémiques. 

Le gouverneur militaire a, notamment, visé le secteur des transports. Son arrêté nᵒ 01/KMBG/087/PROGOU/PI/2026 indique que tout motard doit impérativement porter une combinaison imperméable non médicale, un casque, un masque chirurgical et se munir d’un désinfectant pour traiter chaque passager. 

De plus, le transport d’un seul client par moto est autorisé, et les coussins des motos-taxis doivent être revêtus de tissus en cuir, plus faciles à désinfecter. Par ailleurs, la saisie d’office de tout moyen de transport non médical ayant transporté un cadavre entraînera des amendes dissuasives : 1 725 000 francs congolais pour une moto, 3 450 000 FC pour une voiture, et 4 600 000 FC pour un camion, avertit le gouverneur militaire. 

Les mesures ne s’arrêtent pas aux transports urbains. Le gouverneur militaire a ciblé spécifiquement la commune rurale de Mongbwalu et le centre de NIA-NIA, qui sont placés sous haute surveillance. Ces zones, identifiées comme des épicentres potentiels, devront appliquer scrupuleusement l’ensemble des directives sanitaires édictées dans l’arrêté. 

La riposte s’étend également aux frontières de la province. Les mesures de contrôle sanitaire du Programme national d’hygiène aux frontières (PNHF) ont été considérablement renforcées. Un lavage systématique des mains et la prise de température régulière de tous les passagers sont désormais obligatoires aux points d’entrée et de contrôle. En outre, les piscines publiques, quant à elles, sont interdites d’usage et devront être vidées. 

Pendant ce temps, toute structure de soins ne disposant pas d’un certificat de prévention et contrôle des infections sera fermée. Afin de limiter les risques de contamination massive, les rassemblements publics ont été fortement réglementés. 

Toute manifestation publique dans un espace fermé doit respecter les mesures barrières telles la distanciation sociale et le lavage des mains. Dans les espaces réduits, la capacité est plafonnée à 50 personnes par séance ou service. 

Cette mesure concerne également les cultes religieux et les réunions publiques. Pour assurer l’exécution de ces décisions, le gouverneur militaire a mobilisé l’ensemble de la machine administrative et sécuritaire de la province. Le vice-gouverneur, le commissaire provincial de la Police nationale congolaise, le chef de division provinciale de la Santé, ainsi que le coordonnateur provincial de la riposte et le maire de la ville de Bunia, ont reçu l’ordre d’exécuter cet arrêté dès sa signature.                   

Patrick Kalungwana

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