Butembo : la société civile désavoue le couvre-feu à partir de 19 heures
La société civile, forces vives de Butembo, trouve d’inopportune la décision fixant les heures de couvre-feu à 19 heures. Le point de vue de la structure citoyenne fait suite aux dégâts matériels enregistrés le long de l’artère principale entre la REGIDESO et le Parking La Victoire en cellule Furu, mardi 04 janvier 2022. Elle appelle les autorités à choisir d’autres heures un peu plus retardées.
En fait, des cabines de téléchargement des musiques, des planches arrachées des petits ponts et des meubles en fabrication dans des ateliers de menuiserie ont été jetés sur la chaussée le long de l’artère principale entre la REGIDESO et le Parking la Victoire. Ces biens ont traîné là-bas jusqu’au matin de mercredi 5 janvier 2021.
Ici, certains habitants ont indiqué que ceci est la conséquence de la brutalité dans la manière de faire des militaires qui font la patouille pour faire respecter la mesure du gouverneur du Nord-Kivu sur le couvre-feu.
Selon ces habitants, à 19 heures de mardi 4 janvier, les forces de l’ordre ont fait leur entrée à Furu. Du coup, ils ont inquiété des habitants dont les tenanciers des boutiques, cafeterias en leur obligeant de fermer les portes de leurs échoppes.
Cette intervention a suscité une très grande colère dans le chef de la population qui a par la suite jeté des cabines, lits des ateliers de menuiseries et autres outils sur la route. Chose qui n’enchante pas les propriétaires de ces biens jetés sur la route. Les victimes s’interrogent si c’est sur elles qu’il faut déchaîner la colère née des agissements des agents de l’ordre qui font respecter les heures du couvre-feu. Cette question se pose par le fait que les outils détruits ne sont pas de la police, ni de l’Armée encore moins de la MONUSCO. C’est dans ce cadre que la société civile, Coordination de Butembo, appelle sa population à la responsabilité et au respect d’autrui.
« On peut descendre dans la rue mais sans faire des casses. Nous condamnons cette façon de faire de la jeunesse. Nous pensons qu’il y a lieu de réorganiser les actions et d’agir autrement que de victimiser une population déjà victime », a conseillé Van Germain Katsiwa, se confiant à RADIOMOTO.NET.
Ce cadre de la société civile appelle par ailleurs les autorités à choisir un autre moment de patrouille afin d’éviter ces genres de dégâts. Selon lui, 19 heures, c’est trop tôt pour un couvre-feu en ville de Butembo.
« Nous leur (Autorités, Ndlr) avons dit qu’à Butembo, il sonne 19 heures quand les gens sont encore en ville, au marché. Ils (Services de l’ordre et de sécurité, Ndlr) vont encore créer plus de problèmes que d’amener des solutions. Ici, à 19 heures, certaines familles cherchent encore à manger. Ainsi, les autorités doivent connaitre leur milieu pour prendre des mesures proportionnelles à la vie de la population », a-t-il lancé.
Rappelons que des habitants de Butembo ont déjà exprimé leur désaccord au regard des heures du couvre-feu.
Esther Vwiravwahali