Goma : 20 ans après l’éruption de 2002, voici l’image d’une ville qui sort du feu
Le mois de janvier 2022 marque les 20 ans depuis que la ville de Goma se faisait engloutir en moitié par la lave volcanique du Nyiragongo, qui couvrait à l’époque, les parties Majengo-Virunga-centre-ville jusqu’au lac et Don Bosco-Katindo 2 et Shaba-Afya Bora. C’est la question qui intéresse RADIOMOTO.NET pour montrer ce qui prévalait ce jour-là et ce qu’est devenue la ville de Goma deux décennies après le choc du feu.
Cette éruption qui surgissait en deux reprises, d’abord à 10 heures puis à 16 heures, était aussi dangereuse qu’irrésistible, qu’elle avait détruit la ville, y compris les biens et les personnes.Victorine Kavira, 61 ans, a vécu les trois dernières éruptions volcaniques, celle de 1977, de 2021 et celle de 2002.
« Ce jour (2002, Ndlr), nous étions sans rien savoir. Je me promenais à Virunga, où j’allais chercher mon fils égaré. Du coup survint une pluie fine. Soudain, je vis des mamans avec des fardeaux. Elles vinrent de Byahi. Elles nous annoncèrent que c’était le volcan qui entrait en éruption déjà. Subitement, je courus rejoindre mon logis à Katoyi. Là, les mouvements des déplacés ne se rompirent guère. Un moment, vers 12 heures, la radio annonça l’arrêt de la coulée de la lave. Vers 16 heures, elle survint avec force. Elle réapparut vers Don Bosco, emprunta deux axes, l’un côté Virunga qui fonça jusqu’au lac, et l’autre côté Katindo 2 jusqu’à la paroisse Catholique Shaba. Nous fouillâmes jusqu’au Rwanda », raconte cette femme.
À l’observatoire volcanologique de Goma (OVG), les scientifiques n’ont pas oublié cet événement.
« Je vais dire qu’il y avait très peu de personnes en 1977, qu’en 2002 et très peu encore en 2002 qu’en 2021 qui étaient exposées au risque de l’éruption volcanique. En 2002, nous ne disposions que de deux stations de surveillance. Et donc c’était difficile de surveiller le volcan et c’était très compliqué », lance Adalbert Muhindo, directeur général de l’OVG.
En dépit du choc que subissait la ville de Goma, elle prend l’image d’une ville qui émerge et sort du feu, comme le dit le journaliste Johnathan Kombi de Top Congo FM.
« Il faut ici louer tous les efforts des fils et filles de la ville de Goma, qui ont su la construire même après l’éruption volcanique. À Goma nous avons des très belles routes, des hôtels de renom, au niveau régional, Africain et international; il y a également des très belles écoles et bien d’autres infrastructures. La population de Goma a donc su développer l’esprit de résilience, et supporter les chocs d’après l’éruption. C’est pourquoi nous avons une ville très propre, dite d’ailleurs ville touristique », complimente-t-il.
Les éruptions volcaniques cycliques du Nyiragongo laissent tous les temps les habitants de la ville de Goma qu’ils cédaient souvent aux rumeurs et paniques. Mais le DG appelle la population à ne se fier qu’aux conseils des scientifiques.
« Ce n’est pas à la population de surveiller le volcan. Cette compétence n’est une exclusivité que des experts, qui suivent chaque jour l’évolution du volcan. Ne suivez pas les messages des réseaux sociaux. Suivez régulièrement la voix des autorités qui reçoivent en temps réel nos rapports sur le comportement du volcan », a-t-il conseillé.
La dernière éruption volcanique de Nyiragongo date du 22 mai 2021 dernier et n’avait touché que Buhené, ce coin du territoire de Nyiragongo et qui frôle la partie Nord de la ville.
John Tsongo