Butembo : la vente de chaises longues appelées ‘‘Kapiri’’ affectée par la modernisation
La vente de chaises longues communément appelée « Kapiri » n’a plus de marché comme avant suite à la modernisation, qui importe de nouvelles formes de chaises. C’est ce qu’a affirmé à RADIOMOTO.NET, l’un des fabricants des chaises longues en ville de Butembo, le jeudi 22 août 2024. Pour lui, ce sont, seules, les personnes malades et qui ont été recommandées cette chaise qui en achètent.
Dans ces ateliers situés dans la cellule Makasi, au centre-ville de Butembo, des artistes fabriquant des chaises à partir des cordes plastiques y sont actifs. Ils s’intéressent actuellement à la production de la catégorie normale des chaises et non les chaises larges.
La chaise Kapiri qui se vendait en échange d’une poule, actuellement, se vend à 10$. Pourtant, une poule, aujourd’hui, se vend entre 10 et 15$. Un prix qui, selon Kasereka Michel, est non acceptable par la clientèle. Ce fabricant note que ce prix se justifie par la hausse du prix des biens utilisés. C’est entre autres des stucs des bois, mais également des cordes plastiques.
Kaseka Michel démontre que la fabrication des chaises Kapiri, qui était rentable aux années passées, est confrontée à la modernisation. Cette dernière passe par la fabrication de nouvelles marques de chaises de la tradition occidentale.
Pendant ce temps, cet entrepreneur regrette que la fabrication se fasse aujourd’hui par commande de certains clients malades, dont cette chaise Kapiri a été recommandée à l’hôpital.
« Nous vendons une chaise longue à 10$, mais les clients n’acceptent plus ce prix. Ils n’achètent plus. C’était le même prix alors que la matière première était facile à trouver. Les clients amenaient une poule pour avoir cette chaise Kapiri. Actuellement, une poule est vendue à 15$ mais on ne nous donne pas cette somme d’argent. Celui qui fait la commande de cette chaise est malade, cherchant sur quoi se reposer. Donc, nous produisons par commande », a-t-il déclaré.
Entretemps, le Père Jean-Baptiste Mbakula, l’un des responsables du village Yira Mirembe, reconnait que cette chaise a, culturellement, un sens d’offrir à son usager un repos après avoir exercé des lourdes tâches. Il invite les habitants à s’approprier cette chaise pour préserver l’histoire Yira.
« Nous savons bien que dans notre culture, quand on a beaucoup travaillé, on peut se reposer. Du fond de notre culture, nous savons que c’est dans la véranda où on peut parler de certains problèmes. C’est comme ça que dans la véranda, on savait qu’au lieu de parler débout, il faut d’abord se reposer et puis ça permet à ce que le cerveau soit bien tendu pour donner une bonne réponse à chaque question. Il faut l’acheter. Ça fait partie de notre connaissance culturelle », a-t-il sensibilisé.
Il conseille ainsi aux habitants consommer les œuvres fabriquées localement par des entrepreneurs qui font revivre l’histoire, mais également qui innovent dans divers secteurs.
Glodi Miremnbe