Butembo : les parents d’élèves victimes d’une agression de la part de 10 anciens étudiants de l’IBTP regrettent leur mise en liberté provisoire

Les parents des élèves victimes des dégâts commis par certains étudiants de l’Institut des bâtiments et travaux publics (IBTP), il y a peu, s’inquiètent de la liberté provisoire accordée à ces derniers autrefois condamnés par la Justice. Toutefois, le défenseur judiciaire Moïse Ndekeyonge rassure que la liberté provisoire ne correspond pas à la fin du dossier. 

RADIOMOTO.NET a contacté toutes ces personnes, le jeudi 07 novembre 2024, quelques jours seulement, après que la Cour d’appel de Goma a accordé la liberté provisoire à 10 étudiants étudiants de l’IBTP. C’est ainsi que les parents et responsables des infrastructures vandalisées par les étudiants s’inquiètent quant à la question liée à l’indemnisation. 

Ces derniers notent n’avoir, jusque-là, rien reçu. Ils rappellent aux autorités, surtout judiciaires, leur rôle d’amener les personnes concernées par ce dossier à réparer les dégâts commis, pour ainsi faire respecter les décisions du Tribunal de grande instance (TGI) de Butembo, du 20 septembre 2024.

« (I) C’est inacceptable ça. C’est dommage ! Nous avons appris la libération des étudiants de l’IBTP, alors que nous n’avons jamais reçu rien comme indemnisation, parce que nous sommes en train de dépenser de l’argent depuis l’incident. Si la Justice est sérieuse, il faut qu’on nous paie. Sinon, nous allons nous décharger aussi. Nous sommes fâchés. (II) Pourquoi cette libération des étudiants ? Moi, je suis tellement mécontente, car les étudiants sont des indisciplinés. On risque de n’avoir pas quelques choses. Par exemple, pour ma fille, je paye chaque jour le taxi parce qu’elle est devenue handicapée. D’ailleurs, j’ai déjà encaissé des dettes », ont-ils regretté.  

Le défenseur judiciaire, que nous avons contacté, rassure que la liberté provisoire n’est pas automatiquement la fin du dossier. Maitre Moïse Ndekeyonge note que la liberté provisoire est bel et bien prévue par la loi, mais sous certaines conditions. C’est pourquoi, il appelle les victimes à s’apaiser, car le dossier est encore en cours de traitement.

« La loi a déjà tout prévu. La liberté provisoire s’accorde sous certaines conditions. Ce n’est pas n’importe comment qu’on accorde ça. Donc, il y a des conditions. Le temps que l’État sera instruit, les parents n’ont pas à se poser trop de questions. Ce n’est pas encore finie », a-t-il calmé.

En attendant, le document de la Cour d’appel de Goma précise que les étudiants bénéficiaires de la liberté provisoire ne doivent pas causer de scandale par la méconduite et entraver la suite de l’instruction de leur dossier. Ces derniers sont aussi sommés de verser, chacun, 100 Francs congoais au trésor public. 

Ces apprenants sont libres, alors qu’ils étaient condamnés à des peines allant de 18 à 30 mois de prison, pour participation au mouvement criminel, incendie volontaire, destruction méchante, coups et blessures portés sur enfant. C’était précisément à l’Institut Malkia wa Mbingu, à l’École primaire Mwange Sourds-Muets, à l’ISAM/Lubero et à la résidence privée du DG de l’IBTP/Butembo.

Dany Mweusi & Dieu-Merci Ndeshi, Stagiaire académique

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