RDC : Joseph Kabila court le risque d’être sanctionné sur base des rumeurs (ASADHO) 

Les autorités congolaises risquent de sanctionner l’ancien président Joseph Kabila sur base des rumeurs. L’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) a exprimé la crainte sur RFI, ce lundi 21 avril 2025. Cela, au lendemain de la suspension des activités du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRDC) sur toute l’étendue de la République. 

Dans un communiqué du 19 avril 2025, le ministère de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières a suspendu toutes les activités du PPRD. Le responsable de ce ministère, Jacquemin Shabani Lukoo Bihango motive la suspension par l’attitude ambigüe de Joseph Kabila qui n’a jamais dénoncé l’agression rwandaise via l’AFC/M23. 

A part ça, selon le ministère de l’intérieur, c’est le choix délibéré du sénateur à vie de rentrer au pays par la ville de Goma sous contrôle des rebelles. Jacquemain Shabani a noté sur TV5 Monde avoir à sa possession des informations et des faits prouvant la participation indirecte de Joseph Kabila dans l’agression à l’Est de la RDC.

Nous avons malheureusement une multitude d’informations et de faits qui cristallisent le fait que l’ancien président de la République, Joseph Kabila, qui est le leader de ce parti politique, a des incoïncances avec non seulement le groupe terroriste qui est utilisé par l’armée rwandaise, c’est-à-dire le M23, mais aussi qui a des incoïncances avec l’armée rwandaise. Il a séjourné à plusieurs reprises au Rwanda, à Kigali”, a-t-il fait savoir. 

Pendant ce temps, le PPRD condamne les sanctions annoncées contre les leaders de sa famille politique Joseph Kabila Kabange. Ferdinand KambereKalumbi, secrétaire permanent adjoint du PPRD parle d’une mauvaise gouvernance des autorités actuelles du pays.

“Une mesure arbitraire, digne d’un régime totalitaire de tristes mémoires. Et puis fondée sur quoi ? Sur des rimeurs ! On a vu Kabila là-bas, sans en apporter une seule preuve. C’est quand même grave ça. Nous, nous continuons à croire que ce sont des affabulations fabriquées par le pouvoir en place pour occulter leur réchec dans cette gestion de la guerre, la mauvaise gouvernance. Comme Joseph Kabila Kabange a vraiment pointé du doigt là où ça blesse, alors il devient diable parce que simplement, il a annoncé qu’il va parler, il a annoncé qu’il veut rentrer et apporter sa contribution, sa pierre. Du populisme au sommet de l’État. Imbroglio total !”, a-t-il réagi. 

Par ailleurs, l’Association africaine des droits de l’homme (ASADHO) qualifie ses sanctions de précipitées. Jean-Claude Katende, son coordonnateur, indique que les faits portés contre Kabila sont extrêmement graves et devront demander des preuves irréfutables. À l’en croire, la procédure exige la documentation des faits avant la prise de toute décision. C’est pour ne pas faire marche arrière.

“On ne peut pas considérer que le fait pour lui d’aller à Goma soit constitutif d’une infraction. Ceux qui sont au pouvoir sont pressés d’aller très vite, mais il est important toujours de documenter suffisamment les faits, même s’ils sont graves, pour qu’une fois la procédure mise en place, qu’on ne puisse pas dire qu’on a commis des erreurs et qu’il faut faire la marche arrière. Elle devra vérifier que toutes les conditions ont été réalisées pour ne pas verser dans l’agitation des politiciens”, a-t-il recommandé. 

Loin de la suspension des activités du PPRD, le ministère de la Justice en RDC a, dans un communiqué, annoncé des poursuites contre Joseph Kabila pour avoir participé directement à l’agression rwandaise contre la RDC. 

Au même moment, l’esprit du document indique la saisie de ses biens mobiliers et immobiliers. Les sanctions tombent après l’annonce par la RFI de l’arrivée de Joseph Kabila, vendredi, à Goma après son passage au Rwanda. Toutefois, aucune image confirmant son arrivée n’a été diffusée ni par le M23 ni par le média qui a rapporté l’information.

Glodi Mirembe

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