Butembo : des défenseurs judiciaires en grève pour dénoncer « l’abus de pouvoir » du Parquet
Les défenseurs judiciaires du Tribunal de grande instance (TGI) de Butembo ont entamé une grève de deux semaines, ce mercredi 18 juin 2025. Cette action fait suite à une assemblée générale où ils ont dénoncé les « abus de pouvoir » du procureur de la République, Ngoy Mwilambwe Alain.
Selon Maître Kakule Kokola Justin, syndic du corps des défenseurs judiciaires, le Procureur aurait notamment suspendu les prestations des défenseurs devant son parquet pendant deux semaines, et ses collègues auraient été victimes d' »arrestations arbitraires ».
Face à ces faits, le Syndic a annoncé la suspension des services des défenseurs judiciaires et a déclaré son intention de dénoncer le magistrat devant la chambre provinciale de discipline, envisageant même une action disciplinaire pénale à son encontre.
Me Kokola Justin a averti que si la situation ne s’améliore pas dans les deux semaines à venir, le Corps des défenseurs judiciaires se réserve le droit d’intensifier ses actions pour faire entendre sa voix devant les instances judiciaires.
“Deux semaines après la suspension, pour évaluer la situation et prendre des mesures de grande envergure, si rien n’est réservée aux désidératas du corps des défenseurs judiciaires. Les justiciables viennent nous consulter et s’ils estiment de prester sans nous, c’est de leur droit. Mais nous pensons que quand nous cessons les activités, ils doivent aussi les suspendre parce que nous, comme auxiliaires de la justice, nous souffrons comme ça. D’ailleurs, ce sont eux qui ont été les premiers à dénoncer ces faits par la société civile”, a-t-il déclaré.
En réaction, le procureur Ngoy Mwilambwe Alain a rejeté en bloc toutes les accusations, les qualifiant de « chasse à l’homme ».

“Nul n’est au-dessus de la loi, ça, il faut le connaître. Vous savez, les défenseurs judiciaires, je ne veux pas du tout les défenseurs judiciaires. Certains, ils se croient être au-dessus de la loi, et ils se permettent même d’exécuter les actes judiciaires au moment que la loi est claire. C’est-à-dire quoi ? Pour exécuter un acte judiciaire, il faut être un huissier judiciaire. J’arrête selon les prescrits de la loi, et le dossier est ouvert ici. Je vous ai donné le numéro du dossier qui, lui, est poursuivi pour le fait grave. Comment ne pas avoir du respect envers le procureur que nous sommes ? Ils m’accusent n’importe quoi. Pour une petite histoire, c’était un certain dimanche. On m’appellera par la population. Vous êtes sans ignorer que c’est moi qui suis l’organe de la loi. Lorsque l’ordre est troublé, je dois quand même intervenir”, a-t-il réagi.
Pour l’instant, le Corps de défenseurs judiciaires près le Tribunal de grande instance de Butembo reste serein et appelle les justiciables à la patience.
Évariste Mwenge