RDC : des avis partagés dans la classe politique après la création de la plateforme “Sauvons la RDC” à Nairobi 

Les avis sont partagés dans la classe politique congolaise par rapport à la création du mouvement politique « Sauvons la RDC » initié par une partie de l’opposition congolaise à l’issue du conclave tenu à Nairobi du 14 au 15 octobre 2025. 

Réagissant à cette nouvelle, dans une vidéo, Julien Paluku Kahongya ministre congolais du Commerce extérieur et cadre du Bloc uni pour la renaissance et  l’émergence du Congo (BUREC) pense que l’objectif des assises de Nairobi était de détourner l’attention de l’opinion congolaise de ce qui se fait aux États-Unis d’Amérique et au Qatar dans le cadre de la recherche de la paix.

“La posture des hommes d’État, c’est de concourir à la construction de leurs États. Ce n’est pas de les détruire. Moi, je voudrais lancer donc un message aux Congolais qui m’attendent en ce moment. Qu’il s’agisse du Nord, du Sud-Kivu et de l’ensemble de la République, que les gens qui se sont réunis n’avaient que pour objectif de détourner l’attention de ce qui se fait ici aux États-Unis, qui est un fait mobilisateur pour relancer la constitution du pays et que donc la RDC va se dresser contre toute personne qui va chercher à distraire sa marche vers l’émergence”, a-t-il insisté. 

De son côté, Fabrice Kasondoli, porte-parole de la jeunesse d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, parle de la recherche de positionnement politique pour l’ancien président après sa condamnation par la justice congolaise. Il invite cependant le pouvoir en place et la population congolaise à la vigilance, car dit-il, Joseph Kabila maitrise bien ce pays.

“Nous allons seulement observer parce que le mouvement n’est qu’au début. L’ex-chef de l’État est parmi les personnalités les mieux informées de la République. Il a dirigé le pays pendant 18 ans. Donc, quand bien même les gens qui sont au pouvoir essaient de minimiser ou de relativiser, je crois que son initiative n’est pas à prendre à la légère. Mais observons et voyons ce que nous prévoit l’avenir. C’est une initiative qui est déjà partie au Congo. Nous allons rester prudents. Ce pays, c’est tel qu’il est. Nous avons vu les anciens alliés qui sont devenus de vrais adversaires pour ne pas parler d’ennemis”, a-t-il opiné. 

Le politologue Arsène Kaputu, quant à lui, estime que ce mouvement peut être menace pour la RDC puisque initié par un présumé collaborateur de l’agresseur du pays. Pour cet enseignant des sciences politiques, le mouvement est en grande partie l’œuvre de Joseph Kabila.

“Cette plateforme ne constitue pas une crainte pour les institutions à mon avis, mais bien sûr, elle constitue une menace dans la mesure où l’animateur principal est déjà qualifié de collaborateur direct de la rébellion qui agresse la République démocratique du Congo. Même les résolutions qui ont été adoptées par cette plateforme-là, ce sont les résolutions qui ont été définies par Joseph Kabila Kabange, ce qui signifie que tous ceux qui ont signé ces déclarations, Kabila leur a donné du boulot et donc, ils ne peuvent que l’accompagner parce que déjà tous ne savent plus comment vivre”, a-t-il pensé. 

L’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, a réuni les cadres de certains partis politiques de l’opposition à Nairobi, au Kenya, les 14 et 15 octobre 2025. Ces acteurs politiques dont la majorité sont les condamnés et les  exilés ont échangé, selon eux, sur la situation politique et sécuritaire qui prévaut au pays. 

Stanley Muhindo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *