Butembo : les déplacés de guerre venus de Ntoyo encouragés à l’autonomie et à l’auto-prise en charge pour leur survie
Les déplacés de Ntoyo vivant en ville Butembo se sont réunis ce mardi 25 novembre 2025. Les assises se sont tenues sur avenue Bayé, chez un particulier, ressortissant du secteur des Bapere. Sous la modération du président de la société civile de Ntoyo, les citoyens congolais en détresse ont parlé de nouvelles conditions de vie qu’ils traversent désormais à Butembo.
En somme, il était question de conscientiser les uns et les autres sur les bonnes pratiques de survivre à Butembo. Il a été recommandé à tous de mettre de côté la paresse, de choisir le travail qu’on veut, mais de sauter à chaque occasion de travail qui se présente.
L’essentiel est de trouver à manger et de répondre à d’autres besoins de subsistance, a mobilisé le modérateur. Aux femmes et filles présentes à la rencontre, il a été demandé d’éviter la débauche pour éviter les maladies sexuellement transmissibles et des grossesses indésirables.
“On a donné des directives pour d’autres personnes qui n’ont jamais vécu dans la ville. La vie de la ville n’est pas comme la vie du village. Il faut distinguer les deux milieux comme ça. Le boulot de la ville n’est pas comme le boulot que nous faisions là-bas. Le moyen financier n’est pas le même non plus. Si là-bas, nous recevions 5 g (ou francs) par jour, en ville, ce n’est pas comme ça. Il faut que nous soyons toujours courageux comme nous l’étions là-bas pour ne pas gâcher notre vie en ville. Parce que si vous devenez paresseux, en ville, on va vous prendre pour un voleur, et ça va faire que votre vie parte en déclin, je ne sais où. On peut même vous mettre en prison à cause de ça. Et vous verrez que votre vie deviendra médiocre. Tout travail mène toujours à l’argent. Si vous pouvez trouver 500 francs avec votre force, ce ne sera jamais comme les 500 francs que vous avez volés. Si vous étiez à Manguredjipa pour recevoir de l’argent même en dormant, ce n’est pas le même cas ici en ville. On a changé de milieu”, a-t-il sensibilisé.
Depuis les massacres de Ntoyo, en secteur de Bapere, le 8 septembre 2025, toute la population estimée à plus 4 000 habitants a abandonné tout derrière elle. La plupart vivent dans les familles d’accueil sans assistance. Tout en remerciant tous ceux qui portent leurs voix vers les décideurs, ces déplacés ne cessent de plaider pour le retour de la paix dans le secteur des Bapere et environs en territoire de Lubero.
Kakule Kilumbiro