Nord-Kivu : « La solution à l’insécurité ne passe pas par la scission de la province » (Magloire Paluku)

Le journaliste congolais Magloire Paluku émet une analyse autour de la persistance des massacres dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Ce journaliste senior de Goma s’est confié à www.radiomoto.net lundi 01ier mars 2021. Face à ce grand défi d’insécurité qui guète la province du Nord-Kivu, Magloire Paluku propose 4 grandes solutions en écartant, surtout,  l’idée de la scission de la province.

Ce journaliste entame que l’insécurité au Nord-Kivu ne date pas des années 90. D’après lui, il s’agit d’une émanation des transplantés Rwandais, Burundais et Ougandais que les colons Belges ont acheminé dans les plantations dites paysannats, entretenus déjà par ces derniers depuis les années cinquante. Il poursuit que  ceux qui pensent que l’insécurité à l’Est de la RDC date des années 94 coïncidant avec le génocide du Rwanda, n’ont qu’à interroger l’histoire pour se rendre compte de la vraie vérité.

Du coup, Magloire Paluku pense que ce sont les petits esprits qui évoquent l’histoire de scission.

« Ce sont les petits esprits qui parlent de la scission de la province. Il faut penser grand et non se limiter aux solutions substantielles. Il suffit que les autorités redéfinissent la gouvernance à la base », déclare-t-il.

Paluku suggère en outre la mise en place d’une gouvernance de la base, partant des besoins ressentis des habitants.

« Les autorités doivent ramener la gouvernance au niveau de la base. Ce sont les populations locales qui connaissent leurs besoins. Il faut qu’on ramène la gouvernance au niveau de la cellule, l’avenue,  la localité, de la collectivité. Il leur faut une police de proximité », suggère Magloire Paluku.

Après cela, ce chevalier de la plume ajoute une lutte contre les hégémonies et partager équitablement les richesses de la province.

« Au Nord-Kivu, il faut lutter contre les hégémonies. Lutter contre ceux qui veulent s’accaparer des richesses de la province et vouloir empêcher les autres de vivre », précise notre interlocuteur.

Selon toujours lui, cette étape ne peut être possible que si la population s’engage à collaborer avec une police de proximité mise sur pied pour un seul but : l’identification de toute personne qui entre dans l’entité.

« On doit avoir une police de proximité dans chaque quartier, chaque commune, chaque collectivité et chaque localité. Cette police doit alors être dotée des moyens conséquents, c’est par cela que cette dernière doit faire rapport de ce qui se passe au niveau local, pour que les efforts se poursuivent au niveau provincial, national, et diplomatique », pense M. Paluku.

Et de conclure : « Il faut démocratiser l’armée. Même si les prérogatives de la police sont au niveau national, il faut que les autorités donnent le pouvoir à la police locale pour identifier qui est qui pour enfin lutter contre cette insécurité ».

Magloire Paluku rappelle que la province du Nord-Kivu a déjà connu des opérations Mbata, Safisha et Likofi, sous le règne du feu Mobutu. Il estime que les programmes Amani Leo, pomme orange, Sokola 1 et 2 sous Joseph Kabila et qui se prolongent sous Félix Tshisekedi n’ont comme un but précieux : la pacification de la République Démocratique du Congo.

John Tsongo

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