Beni : mauvaises conditions de vie pour des dizaines de pygmées déplacés de guerre
Des enfants pygmées devant une maison de seulement deux chambres, mais où logent une quarantaine de déplacés de guerre à Katwa, en ville de Butembo. © Evariste Mwenge
Des dizaines de familles pygmées qui ont foui, à plusieurs reprises, les attaques des combattants d’Allied democratic forces (ADF) vivent dans des conditions déplorables en ville de Beni (Nord-Kivu). Ils ont été installés dans un site à Pasisi, côté Ouest du centre-ville. Ces premiers citoyens plaident pour une assistance à vivres ou non vivres.
Plus de 80 personnes, des enfants et adultes sont reparties dans une parcelle d’un particulier à Pasisi vers l’entrée Brasimba et sur les étages prévus pour abriter le marché de ce quartier situé sur l’axe Beni-Mangina.
Ces premiers habitants du Congo qui nécessitent une assistance à tous les niveaux, ont déjà fui, en maintes reprises, plusieurs entités, commençant par Idohu, Apende, Bieney, Komanda, Mayuano, Mambasa et ailleurs, suite aux attaques des combattants ADF.
« (I) Beaucoup de nos frères ont été tués. C’est pourquoi, nous nous sommes déplacés. Ici à Beni, c’est grâce à nos pasteurs que nous essayons de suivre. Nous dormons sans manger et nous n’avons aucun vêtement. Tous nos objets sont restés à Idohu. (II) J’ai quitté Apende pour arriver à Mambasa. Je souffre tellement. J’ai faim et je n’ai pas des vêtements. On a tué nos frères en notre présence (…) », se lamentent-ils.
Le chef Katchetche figure également parmi ceux qui ont fui le territoire d’Irumu. Il a jugé de fuir avec certains de ses administrés après avoir perdu ses êtres chers, lors des premières attaques rebelles dans son village.
« La guerre a commencé chez moi à Apende et j’ai laissé tout. Il y a mes frères qui sont morts. Je me suis déplacé vers Komanda. J’ai quitté Komanda pour aller à Lolwa. Encore à Lolwa pour Mambasa. Et voilà que nous sommes à Beni aujourd’hui. C’est vraiment douloureux ce que nous avons vu », dit-il.
Jusque-là, ces compatriotes n’ont reçu aucune assistance humanitaire sauf certains volontaires notamment l’Eglise Church On the Rock qui essaye de pourvoir à certains besoins pour maintenir la survie de ces nécessiteux.
Milan Kayenga