Beni : timide reprise des cours à l’EP Matsinga suite à l’érection d’un camp militaire près de la concession scolaire  

Les apprenants n’ont pas majoritairement repris le chemin de l’école, dans le village Matsinga, dans la chefferie des Bashu dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), ce lundi 04 septembre 2023. C’est un constat fait, notamment, à l’Ecole primaire (EP) Matsinga. Le responsable de cet établissement scolaire pense que cette situation serait due à l’érection d’un camp militaire non loin de cette école protestante. Il appelle à sa délocalisation.

Décryptage

Nous sommes dans la cour solaire de l’EP Matsinga, sur la route Butembo-Kyondo. Ils sont une vingtaine d’enfants qui jouent dans la cour scolaire. Les salles de classe sont ouvertes, en présence de certains enseignants.

Selon le directeur de cette école, Kambale Kamukehere Gloire, la présence de la position militaire non loin des salles de classes, serait à la base de cette situation à la rentrée. Cela, contrairement aux années passées. Cette situation se répercute sur la psychologie des apprenants, se désole Kambale Kamukehere Gloire.

« On pensait qu’à la rentrée, les autorités compétentes auront déjà trouvée une solution, parce que nos enfants étudient à l’école, psychologiquement ils ne suivent pas cours. Les enfants ont peur de la tenue militaire. Ils ont peur des soldats. Alors ils étudient dans des conditions qui ne sont pas valables », a-t-il démontré.

La même source affirme que certains parents et élèves restent encore dans leurs milieux de refuge après des affrontements vécus dans ce village, entre les militaires loyalistes et les présumés miliciens.

Kambale Kamukehere Gloire, qui regrette que cela constitue une entrave pour l’éducation des enfants, appelle les autorités compétentes à la délocalisation de ce camp militaire.

« La vraie solution c’est chercher comment positionner ce camp ailleurs, loin des écoles. Parce que près des écoles, l’éducation ne tiendra plus. On va étudier sous la peur. Alors, il faut que les autorités pensent à cette situation », a-t-il plaidé.

Il convient de signaler que cette situation touche également l’école primaire Kavingu et l’institut Notre Dame de Banneux. D’ailleurs, l’année scolaire écoulée, les activités étaient  paralysées pendant un mois dans les 3 établissements scolaires situés dans cette partie, suite aux tensions sécuritaires.

Glodi Mirembe & Ngunza Mapasa

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