Oicha : le quartier Masosi se vide toujours de ses habitants plus d’une semaine après le massacre de 27 civils

À Oicha, Chef-lieu du territoire de Beni, le quartier Masosi est loin de recouvrer sa situation. Ce, plus d’une semaine après le massacre de 27  civils. L’entité se vide chaque soir et certaines de ses cellules sont devenues fantômes depuis cette attaque.

Des habitants qui se sont confiés à RADIOMOTO.NET ce samedi 4 novembre 2023, plaident pour le renforcement des dispositifs sécuritaires afin de rassurer la communauté locale.

Depuis cette attaque, les habitants du quartier Masosi fuient dans d’autres quartiers qu’ils jugent sécurisés et ils n’en sortent qu’au petit matin. Les cellules qui avaient connu cette tragédie, elles, sont vidées de leurs occupants.

Sur les artères principales, difficile d’apercevoir, même au loin, quelqu’un qui rôde d’une parcelle à une autre.

RADIOMOTO.NET a rencontré une femme qui a gardé l’anonymat, dans sa parcelle alors qu’elle venait juste d’arriver. Elle témoigne que sa famille et ses voisins se déplacent chaque soir de peur d’être la cible de l’ennemi.

« Chaque soir, nous déménageons pour aller passer la nuit ailleurs. C’est le matin que nous revenons ici pour préparer pour nos enfants. Nous craignons que les ADF peuvent nous surprendre ici. De temps en temps, les policiers font la ronde. On avait déjà installé un camp militaire ici. Nous pensions que ces soldats vont nous sécuriser. Malheureusement, ils sont partis », a-t-elle regretté.

Loin de là, Jean-Pierre tournait autour de sa maison pour voir si tout va bien après une nuit  passée dans un autre quartier. Il indique qu’il y a toujours de la peur dans ce coin de la commune même pendant la journée.

Il plaide, à cet effet,  pour le renforcement des dispositifs sécuritaires autour des cellules récemment attaquées par les ADF.

« Les militaires devraient venir auprès de la population. Puisqu’après leur opération, ce n’est pas à dire que les ADF sont très loin. Nous avons peur de fréquenter certaines routes de peur de tomber entre les mains de l’ennemi. Nous voulons que les militaires soient près de nous », a-t-il souhaité.

Ce phénomène qu’on surnomme « OTSERA » s’observe ce dernier temps dans presque tous les quartiers périphériques d’Oicha. La nuit du vendredi, plusieurs mouvements de déplacement étaient observés dans les quartiers Mabasele et Mbimbi à l’ouest de la commune et à Mamiki et Kafeza à l’Est. Des habitants prenaient la direction du centre commercial après des rumeurs faisant étant de la présence de l’ennemi dans les environs de ces entités de base.

Samy Kitha       

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