Butembo : à la rencontre des enfants ‘‘Tsahere’’ à l’abattoir public dit ‘‘Véteri’’

Les enfants abatteurs d’animaux appelés communément « Tsahere » sont toujours visibles à l’abattoir public de Butembo (Nord-Kivu). Il est situé dans la cellule Vétérinaire localement connu sous le nom de « Véteri » en commune Kimemi. Ces enfants justifient à RADIOMOTO.NET, ce lundi 6 novembre 2023, leur présence en ce lieu de travail par le manque d’argent pouvant assurer leur scolarité.

A l’abattoir public de Butembo, ils sont nombreux ces enfants à la recherche des petits morceaux de viande. Munis de canifs, ils se placent aux côtés des abatteurs adultes. C’est une ambiance de travail ponctuée par la brutalité qui s’observe à l’intérieur comme à l’extérieur de l’abattoir.

Un enfant que nous avons rencontré a abandonné les études faute de moyens financiers adéquats. Il nous révèle qu’actuellement, les enfants ne se contentent plus de miettes prises clandestinement comme c’est fut le cas dans le passé. Ils comptent maintenant sur ce que leur donnent les autres abatteurs.

« Nous assistons ceux qui abattent des bœufs. Nous les aidons à faire certains travaux. Nous prenons le peu qu’on nous donne. Certainement, avant les enfants dérobaient. Mais actuellement, si on vous surprend avec de la viande, c’est un sérieux problème. Nous nous contentons de ce qu’on nous donne. Je ne vais pas à l’école parce qu’il n’y a pas d’argent pour ma scolarité. Si j’en trouve, je vais aussi étudier », a-t-il fait savoir.

Cet autre enfant participe activement à l’abattage des vaches dans cet abattoir. Il est Agé d’une dizaine d’années. Chaque matin, il se dirige à Veteri, avec sa paire de botes, son couteau ainsi que sa tenue. Il ne vole rien et affirme travailler dans l’honnêteté. Ce travail lui permet de subvenir à ses besoins et à certains autres de la famille.

« On nous demande de maitriser la vache et de l’abattre. Une fois abattue, on vous donne votre part que vous allez aussi revendre, Et cela ça vous aide à combler vos besoins. Et si les parents se sentent dans la difficulté de répondre à certains besoins, vous pouvez suppléer en donnant un peu d’argent », a-t-il expliqué.

Sadi Shabani, président des abatteurs, note que la présence des enfants est interdite en ce lieu. Certains sont d’ailleurs, révèle-t-il, chassés de l’endroit vus les risques d’accidents qu’ils courent. Cependant, certains qui y sont retenus ont déjà abandonné les études et travaillent avec l’aval de leurs parents.

« Nous accueillons un enfant si et seulement si ses parents confirment qu’il ne veut plus aller à l’école. C’est celui que nous tôlerons souvent ici. Mais s’il est trop jeune, je le remets moi-même à la maison pour qu’il aille à l’école. Nous faisons un effort de lutter contre la présence des enfants à l’abattoir. Ils sont surtout visibles en grand nombre en période des vacances. Ceux qui achètent de la viande à revendre au bord de la route le soir n’entrent pas ici. Il n’y a de place ici que pour l’enfant dont les parents n’ont plus de moyens pour le scolariser et il y gagne la vie. Ne minimisez aucun travail ».  

Certains autres enfants, qui n’accèdent pas à l’intérieur de l’abattoir, se contentent de  ramasser de petits morceaux qu’ils vendent en moindre coût. Ces enfants sont ceux qui sont en âge scolaire mais qui, pour une raison ou une autre, ne veulent pas étudier.

Glodi Mirembe    

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