Butembo : la société civile préoccupée par des cas de déguerpissement suite aux conflits fonciers

Le déguerpissement des populations suite aux conflits fonciers préoccupe au plus haut niveau, certaines personnalités membres de la société civile. C’est à l’instar de Kasereka Mwasasi Gédéon, écrivain et enseignant à l’Institut des bâtiments et des travaux publics (IBTP) de Butembo (Nord-Kivu).

Joint par RADIOMOTO.NET ce mercredi 22 novembre 2023, ce chercheur regrette le dernier déguerpissement des habitants effectué le mardi 21 novembre 2023 à Kangothe, en commune de Bulengera en ville de Butembo.

Le chef des travaux Kasereka Mwasasi avait déjà prévenu la communauté sur le danger du déguerpissement des tiers ne faisant partie au conflit. C’est à travers son livre intitulé : « Jurisprudence en matière des conflits fonciers à Beni-Lubero : entre  droit et pratique judiciaire ».

Pour lui, il est temps que les autorités étatiques et la société civile organisent des états généraux pour trouver des solutions durables aux questions des conflits fonciers dans la région de Lubero-Butembo.

« Normalement, il faut des états généraux autour de la Justice où les gens se mettent pour qu’on arrive à un revirement de jurisprudence. La société va éclater si rien n’est fait. Nous sommes au bord de l’éclatement. Jusqu’à présent, il y a plein de jugements qu’on n’a jamais réussi à exécuter », a-t-il fait remarquer.

A la question de savoir ce que doivent faire les victimes du déguerpissement, Kasereka Mwasasi Gédéon note que la voie la plus légale est d’aller se plaindre devant la Justice. Mais il craint que les autorités judiciaires ne soient débordées par la multitude des plaintes. Pour lui, la solution durable est de sensibiliser les chefs terriens et toute la population sur la résolution pacifique des conflits fonciers.

« En principe, ils doivent introduire une action à tiers opposition, pour qu’ils soient aussi écoutés puisque toute personne a le droit d’être entendue. Malheureusement, si chacun introduisait cette action, un seul procès peut en générer une dizaine voire 100. C’est pourquoi nous pensons qu’au régard de la situation, il faut des états généraux », a-t-il souhaité.

Notons que des dizaines de ménages passent la nuit à la belle étoile dans la cellule Kangothe en leur risque et péril, suite à un conflit foncier dont certains n’avaient même pas connaissance.

Kakule Kulumbiro

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