Butembo : à Bulengera, des déguerpis dénoncent la corruption de la Justice dans le traitement des conflits fonciers
Des cas de conflits fonciers ne cessent de mettre à la belle étoile plusieurs familles des quartiers de la commune Bulengera en ville de Butembo (Nord-Kivu). Si certaines victimes évoquent la non prise en considération de leur problème par les instances compétentes faute d’argent, d’autres fustigent la corruption déguisée dans ces instances. Pendant ce temps, la société civile de Bulengera lance un SOS aux autorités locales.
En commune de Bulengera, précisément dans les quartiers Kamisi Mbonzo, Kyaghala et Rughenda, les habitants sont victimes des conflits fonciers. Ce problème est à la base des cas d’emprisonnement et des jeunes et des responsables des familles de ces coins de la ville.
Une femme que nous avons surnommée Kaswera Jeanne avait été déguerpie avec sa famille, alors qu’elle s’était procurée d’une parcelle suivant une procédure normale. Elle dit ne pas comprendre la façon dont les institutions judiciaires traitent leurs problèmes.
« Qu’on nous remette dans nos droits. Les gens sont arrêtés arbitrairement. Et il y a de cela quelques jours, nos 5 garçons étaient détenus à l’auditorat. Ils ont été libérés le lundi dernier. C’est l’argent que nous dépensons. Ils emprisonnent les propriétaires du bien. On a déjà détruit notre terre ancestrale. Ils sont en train de construire des maisons sur des tombes », a-t-elle regretté.
Au même moment, une autre victime que nous surnommons Masika Solange, s’inquiète de la corruption qui serait organisée dans des institutions de l’Etat censées trancher. Elle dit avoir perdu sa parcelle faute de moyens financiers. Masika Solange pense qu’il serait mieux que les tenants du pouvoir jouent en neutre dans les conflits fonciers.
« A partir de la base jusqu’au niveau supérieur, la corruption est dans tous les bureaux. Vous amenez votre dossier alors que vous avez raison, on ne vous remet pas dans vos droits. Mais à cause de l’argent que l’autre a donné, on vous dit que vous n’avez pas raison et vous perdez. Il ne faut pas que nous soyons délaissés. Que celui qui a raison soit remis dans ses droits », a-t-elle plaidé.
Pendant ce temps, la société civile de Bulengera via son président John Kameta, regrette que ces les parties en conflits aient du mal à trouver des solutions durables. Il pense que les autorités devraient, dans l’urgence, s’impliquer dans cette affaire avec beaucoup de considération pour pallier la souffrance des familles aujourd’hui sans habitats.
« Quand vous arrivez à Ruhenda, Kyaghala, Kangothe, il y a des problèmes majeurs liés aux conflits fonciers. Il y a des gens qui sont en train de vivre péniblement parce que ces conflits ne trouvent pas de solutions jusqu’à présent. A toutes les autorités compétentes de s’impliquer activement pour que celui qui a le droit puisse l’avoir sans beaucoup de débats », a-t-il insisté.
Il sied de signaler qu’après réclamations, certaines victimes se sont vues incarcérées à l’auditorat et dans la prison urbaine de Butembo, Kakwangura. Leur libération est souvent, à en croire nos sources, conditionnée par le payement d’une importante somme d’argent.
Glodi Mirembe