Butembo : 23 ans après, les survivants du massacre de Kikyo exigent que justice soit faite

Les habitants de Butembo (Nord-Kivu) ont commémoré le 23ème anniversaire du massacre de Kikyo mercredi 14 avril 2021. Les événements douloureux du 14 avril 1998 rappellent que plusieurs personnes avaient été tuées par les militaires de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL). Elevant la voix des victimes survivantes, le Parlement Debout de Furu exige que justice soit faite afin que les auteurs et complices répondent de leurs actes.

Des habitants des contrées du Nord de la ville de Butembo telles que Kalemire, Kikyo, Furu, Mihake, Kimbulu, Mutsanga et d’autres habitants de Mutiri et Matanda qui avaient perdu les leurs. Plusieurs personnes avaient été tuées les unes par balles, les  autres écrasées par des véhicules des militaires et d’autres encore enterrées vivantes.

Les familles et les amis des victimes et d’autres habitants de Butembo ont prié pour le repos des âmes des victimes de ces actes affreux en l’église paroissiale Saint Sacrement de Lyambo ce mercredi. C’était l’occasion de la prière pour le repos de l’âme du jeune Mumbere Mutemi Michael assassiné par les agents de l’ordre le vendredi 9 avril 2021. Dans son homélie, le Père curé Kizito Ngulirahi a souhaité que le sang versé innocemment soit une voie pour restaurer la paix et la sécurité dans la région.

« Que le sang qui continue de couler pendant 23 ans soit pour nous la semence qui va nous apporter du bonheur, la paix dans notre région en province du Nord-Kivu », a-t-il lancé.

Après la messe, les membres de famille, amis et connaissances ainsi que les victimes survivantes des massacres de Kikyo se sont rendu à la morgue de l’hôpital de Matanda pour récupérer le corps de Mumbere Mutemi Michael. Le cortège funèbre a pris la direction du boulevard Joseph Kabila jusqu’au siège du Parlement Debout de Furu avant l’inhumation du jeune tué vendredi.

Interrogé, Tsongo Léon membre du comité organisateur de cette triste commémoration des massacres de 1998 veut que justice soit faite afin que les auteurs et tous leurs complices répondent de leurs actes.

« Nous demandons à la justice d’être une justice qui punit, d’être la justice qui sanctionne. Malheureusement, jusqu’à présent, il n’y a jamais eu de justice. Nous pense que c’est parce qu’on ne punit pas les gens que les massacres sont en train de s’amplifier, que ce soit ici ou dans le territoire de Lubero, Beni, et partout à travers la RDC. S’il y avait une justice, les autres auraient peur de commettre des actes criminels qui versent le sang », lance Tsongo Léon.

A 2007, le Comité des Victimes Survivantes des Massacres de Kikyo avait mené des recherches sur ce massacre qui est un véritable crime contre l’humanité et rendu publics quelques chiffres vérifiés et vérifiables :

– 127 personnes connues tuées;

– 238 cas de viols des mineures, filles, et femmes adultes

– 101 blessés dont 72 personnes survivent avec handicapes physiques;

– 217 ménages pillés par les militaires (la valeur des biens pillés et déclarés par les propriétaires survivants s’élève à 208 020.7 US$);

– 11 cas de divorce provoqué par le viol public et incestueux;

– 99 enfants de moins de 14 ans enrôlés de colère dans les milices et dans les rangs des FAC à la suite des pillages, tueries de leurs parents,

– 15 personnes devenues hypertendues

Ngunza Mapasa

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