Goma : « L’assistance tant chantée ne nous est pas parvenue ; elle a été distribuée de manière sélective » (Témoignages des victimes du Nyiragongo)

Près de 900 personnes regroupées dans 250 familles environs, vivent sans assistance humanitaire au quartier Kasika sur avenue Vikindwe, en municipalité de Karisimbi dans la ville de Goma. Ces habitants rencontrés par RADIOMOTO.NET ce jeudi 10 juin endurent le calvaire dans les locaux du complexe scolaire Meulière Muyisa dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu. En dépit des efforts fournis par le gouvernement, les indicateurs sont loin d’être visibles sur terrain.

Ces personnes sont celles qui ont foui de chez eux après calcination de leurs maisons, suite à l’éruption volcanique. Pourquoi ont-elles choisi de se diriger vers Kasika au lieu de rester cantonnées dans les camps des sinistrés implantées dans les abords de la zone ravagée par la lave ?

« Ce n’est pas de notre volonté que nous sommes ici. Le temps que nous voulions nous ranger sur les files d’attente pour nous faire enregistrer parmi les sinistrés, dans le site de Kahembe dans le Nyiragongo, nous avons été battues par une équipe de gens munis des bâtons garnis des clous. Nombreux d’entre nous ont été blessés, et d’autres sont pris en charge dans des centres de santé avoisinants.  Cette horrible situation dans laquelle se sont retrouvés nos frères et parents, nous a poussés d’opter pour venir nous cantonner jusqu’ici.  Nous avons rencontré quelques cadres de base, pour qu’elles orientent comment trouver une solution face à ce qui nous est arrivé dans le Nyiragongo » raconte Neema Masika, membre du comité de défense des sinistrés.

Brigitte Kahambu, de son coté, a perdu sa maison et tous ses biens. Depuis qu’elle est dans ce camp des sinistrés, elle n’a reçu aucune assistance.

« Nous sommes sans assistance, et c’est seule la faim qui est au point de nous exterminer. Nous avons été discriminés dans le Nyiragongo. Tous les temps que les assistances sont venues, elles ont été distribuées à une frange de la population, mais sans nous.  Pour l’instant, nous ne vivons que de la mendicité. Mais le peu que nous mendions, nous ne disposons pas de casseroles pour le cuisiner. Nous ne disposons de rien. Nous n’avons reçu ni don, ni assistance.  Même où dormir, c’est tout un problème », se lamente-t-elle en indexant l’endroit horrible où elle passe nuit. « Vois toi-même où nous dormons. Il n’y a ni matelas, ni natte, il n’y a qu’une banche. Papa, nous souffrons tant. Plaidez pour nous, pour que nous ayons un don ne serait-ce qu’en nourriture ».

Dans ce camp, les conditions de vie laissent à désirer : des nuits passées à dormir à même le sol sans matelas, ni couverture, des kits hygiéniques absents, des nuits et jours passés sans manger, des jours passées sans prendre bain, …

Lundi 7 juin 2021, le Mouvement Citoyen Vision pour la Victoire du Peuple (VVIP) a partagé tout son regret de constater que certains responsables administratifs en territoire de Rutshuru sont impliqués dans le détournement d’une partie de l’assistance humanitaire destinée aux déplacés de Goma. Ce mouvement citoyen exige que des audiences foraines soient organisées pour juger ces personnes. Héritier Gasheku, brigadier en chef au sein de VVIP souhaite que des sanctions exemplaires soient infligées aux acteurs impliqués dans ce détournement pour que cela serve de leçon.

Entré en éruption le 22 mai 2021, le volcan Nyiragongo a occasionné d’innombrables dégâts, y compris des morts d’hommes. En dépit des efforts fournis par le gouvernement et les humanitaires à venir en aide aux sinistrées, les indicateurs sont loin d’être visibles sur terrain.

John Tsongo

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