Beni : Le massacre des civils à Kalunguta fragilise la pastorale (1)

Eglise de Kabasha, Paroisse Notre Dame de Fatima. Ph. Georges Makeo, RMBB

La pastorale de la paroisse Notre Dame de Fatima tourne au ralenti depuis l’incursion des présumés rebelles de l’Allied Democratic Forces (ADF) à Kalunguta dans le territoire de Beni la nuit de jeudi 15 au vendredi 16 juillet 2021. L’Abbé Curé Emmanuel-Dan Katenge explique d’emblée que les messes ont connu un faible nombre de chrétiens dans trois secteurs de cette paroisse jusqu’au lundi 19 juillet 2021. L’Eglise compte sur le courage des Chrétiens et l’implication des gouvernants.

Le pire est vécu en secteur de Pabuka et en sous-secteur Mabasele de Kabasha. C’est là que le drame s’est produit en termes d’incendies des maisons d’habitations, des échoppes et le kidnapping des certaines personnes. Les portes des églises de ces entités ecclésiastiques sont restées fermées suite à l’insécurité.

« Les chrétiens ont peur. Leur façon de venir en l’Eglise, même le dimanche, c’était vraiment froid. Du côté de Mataba, ça s’est bien passé autant qu’au secteur Mambale à l’Ouest. Parce que même ceux du centre, quand il y a des choses qui ne marchent pas bien ici, c’est là qu’ils se réfugient… Ici, ce qui renforce encore la peur est de voir qu’il y a encore des informations sur certaines personnes qui ne sont pas encore retrouvées », explique l’Abbé curé Emmanuel.

L’abbé curé de la paroisse Notre Dame de Fatima de Kabasha enchaîne que depuis la fin du mois de mai 2021, les activités pastorales ont été suspendues à cause de l’insécurité dans cette partie Est de la paroisse. Il regrette le fait que les chrétiens de ces villages comme Pabuka ne participent plus aux activités pastoro-catéchétiques et liturgiques. Il a lancé un appel pathétique à tout un chacun pour construire la paix.

« Nous avons vraiment besoin de prier dans la sécurité, d’aller dans nos champs, au marché en sécurité. D’un côté je vais d’abord dire aux chrétiens : « courage ». Le deuxième message est d’être vraiment vigilent pour savoir faire passer la communication et le vrai message. Parce qu’il y a des Fake news qui plus pratiquement insécurisent que l’insécurité elle-même », a-t-il conseillé.

La plupart des chrétiens de la paroisse Notre Dame de Fatima se sont déplacés dans le secteur Mambale et en paroisse de Maboya-Gite craignant pour leur sécurité. La paroisse de Kabasha est constituée des secteurs Mambale, Mataba, Pabuka et Kabasha.

Georges Makeo & Janvier Ngunza

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