Clôture du Festival Amani à Goma : la LUCHA interpelle les autorités sur leurs missions régaliennes

Cette édition a fait intervenir nombreux artistes issus de la RD Congo, du Congo-Brazza et du Rwanda, sous les slogans « Chantons pour la paix et dansons pour le changement ». Pendant que les administratifs parlent d’une réussite, les militants du mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) a exploité les moments dédiés à la danse pour lancer une campagne dite “Un mot pour Beni”.

Après avoir su faire rassembler autour de 36.000 participants en grand nombre des habitants de Goma, l’événement de la huitième édition du Festival Amani a été jugé d’une réussite selon son directeur, Monsieur Guillaume Bisimwa. Côté gouvernement Congolais par l’entremise de son porte-parole et ministre de la communication, son excellence Patrick Muyaya, la tenue du Festival Amani est une expression de « la célébration de la vie et une preuve de la résilience d’une population qui résiste aux vagues multiformes des violences ».

Et de poursuivre, « la présence des ministres de la culture et de la communication,  est une preuve du rapprochement du gouvernement vis-à-vis de sa population ; ce qui permet de partager les valeurs diffusées à travers ce festival ».

Ce dimanche, le dernier jour de cette messe culturelle, RADIOMOTO.NET a focalisé son attention sur l’appréciation de cet événement par la LUCHA. Pour ce mouvement, « le  Festival Amani n’est pas un endroit pour célébrer la paix. Plutôt où la demander, et de surcroît la sécurité ». Espoir Ngalukiye, militant de la LUCHA, poursuit que « C’est plutôt un endroit pour chercher à convaincre la population de rejoindre les méthodes de la lutte pour le changement et d’être exigent vis-à-vis des autorités pour demander la paix ».

C’est pourquoi, plutôt que de se plonger dans la danse comme le commun de mortel, la LUCHA a exploité les moments dédiés au Festival pour lancer une campagne dite “Un mot pour Beni”.

« Cette campagne, consiste en ce que les citoyens viennent écrire un mot, une phrase, une lettre, un vœu, adressés à la population de Beni », explique Espoir.

Tous ces messages seront partagés à travers les réseaux et différents canaux de diffusion collective « pour qu’on puisse montrer à la population de Beni, que ceux qui sont à Goma, la portent toujours en cœur ».

C’est également, fonce toujours Ngalukiye, rappeler aux autorités que la population a besoin de la paix et la sécurité.

 

C’est par ailleurs une manière pour le peuple d’être exigeante vis-à-vis des autorités car, laisse convaincre la LUCHA « Il est vrai que la paix soit une affaire de tous. Mais la sécurité, c’est d’abord une affaire des autorités politico-administratives ».

Ainsi, insinue ce mouvement citoyen, on ne peut pas avoir la sécurité sans une armée bien payée, mieux équipée et bien traitée.

Nombreux de ceux qui sont venus prendre part au Festival ont quand pris le courage de marier la démarche de la LUCHA.  « Je suis venue écrire quelques mots pour Beni », laisse entendre Philippa. Et de poursuivre  « J’ai écrit que “Quand les gens meurent à Beni, nous perdons une part de nous”.

Une autre, Julienne, confie avoir écrit “Beni ne doit pas subir ce sort. Il est urgent que le gouvernement Congolais fasse quelque chose pour Beni. Mais sinon ce qui se passe là-bas, dépasse les limites. Mais cette MONUSCO qui ne fait rien, ce n’est pas normal”.

John Tsongo

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