Un an de l’état de siège : « Que ça soit nos leaders de l’opposition ou de la majorité, personne n’a été à la hauteur d’influencer les décisions au niveau national » (Maître Moïse Kikondo)

Une année de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu, c’est ce vendredi 6 mai 2022. Un moment d’évaluer cette mesure exceptionnelle entrée en vigueur pour la sécurité de ces provinces en proies à plusieurs groupes armés, dont le très virulent Allied Democratic Forces (ADF). A l’occasion, Maitre Moïse Kikondo a regretté le fait que des leaders tant de l’opposition que de la majorité n’arrivent à influencer les décisions visant ses prorogations.

Selon plusieurs opinions, l’état de siège n’a pas encore su accomplir sa mission. Conséquence : la résurgence des massacres des civiles et la destruction de leurs biens par l’ennemi. Même si, selon d’autres observateurs, aux dernier mois de cette année de l’état de siège, les autorités militaires ont semblé être hospitalières et attentives aux doléances de la population, malheureusement, regrettent-ils, sans y répondre favorablement.

Un analyste et chercheur en droit voie en cette retombée le vœu du Parlement de voir toujours les priorités ailleurs que d’avantager les attentes du Peuple, notamment la sécurité. Si députés et sénateurs commençaient par voter la loi portant modalités d’application de l’état de siège, le pire vécu aujourd’hui ne serait le cas, argumente Maitre Moise Kikondo.

« C’est à partir des modalités d’application de l’état de siège que nos députés et sénateurs devraient se dire : quand il y a état de siège, on ne peut pas proroger plus d’autant de fois. Donc, l’état de siège ne serait pas à ces jours-ci. Mais, aujourd’hui parce qu’il n’y a jamais eu cette loi portant modalité d’application de l’état de siège, nous sommes seulement en face de l’exécutif. Donc, le président avec le gouvernement qui décide qui sollicitent la prorogation de l’état de siège autant de fois qu’ils le désirent. Et c’est logique ! », a-t-il fait savoir.

Il estime en outre que dans le cas où la population ne veut pas de l’état de siège, mais que cette mesure continue, les citoyens devraient donc accepter qu’ils n’ont pas de leaders capables de réaliser la politique ou les décisions au niveau nationale.

« Nous sentons déjà le ras-le-bol de l’état de siège dans toute la communauté, mais personne ou même ceux qui se disent être proches du président de la République, n’ont réussi à convaincre les autorités compétentes à lever l’état de siège. Que ça soit nos leaders qui sont dans l’opposition ou dans la majorité, personne n’a été à la hauteur d’influencer les décisions au niveau national », a-t-il renchéri.

Pour faire la paix, cet analyste et chercheur en droit recommande à tous les congolais d’éviter de toujours prononcer des discours politiques fanatiques qui n’amènent pas au bon port.

En rappel, le Chef de l’Etat a annoncé, mercredi dernier une table-ronde sur l’état de siège en RDC. C’était au sortir d’une réunion ayant planché sur cette mesure à Kinshasa. Félix Tshisekedi y avait associé le premier ministre et d’autres autorités dont celles du Gouvernement et de l’armée.

Patrick Kalungwana

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.