Butembo : un moratoire d’une semaine accordé au maire pour délocaliser le camp militaire de Mathembe

Des habitants de Mathembe après une rencontre avec le maire de Butembo pour exiger la délocalisation du camp militaire se trouvant dans leur entité. A Mathembe, des militaires sont notamment accusés de meurtre et viols de filles et femmes. Ph. Esther Vyiravwahali

Les habitants de Mathembe accordent un moratoire d’une semaine au maire de Butembo afin qu’il délocalise le camp militaire de ce coin de la commune Vulamba. Ils l’ont dit au Commissaire supérieur principal Mowa Baeki Telly Roger, ce vendredi 02 décembre 2022.

Les indignés ont donné l’ultimatum au cours d’une audience de plaidoyer pour la sécurité et dénonciation du comportement violent des militaires basés à Mathembe. Au bureau du maire de Butembo, ces victimes des plusieurs exactions des militaires étaient accompagnées de la Dynamique des femmes pour la bonne gouvernance (DYFEGOU).

En présentant leur mémorandum, ces hommes et femmes de Mathembe ont déploré plusieurs cas de viols, vols, pillages et tracasseries dont sont auteurs des soldats des FARDC. Ils estiment que si ces militaires déménagent de leur quartier, le calme y sera rétabli.

Dans le cas où le maire ne répond pas à ce besoin dans une semaine, ces citoyens menacent de passer à la vitesse supérieure.

« Vu ce qui est en train de se présenter, nous exigeons que ce camp militaire soit déménagé de là pour qu’il soit envoyé ailleurs. Depuis que ce camp est là, au lieu d’être source de sécurité, il est devenu source d’insécurité. Les militaires sont en train de violer nos enfants, nos mamans, les filles qui sont en train d’être violées tour à tour. Elles sont en train d’être violées comme des bêtes dans des bouches. C’est surtout vers le soir que ces militaires sont en train de couper les routes. C’est difficile de se promener parce que quand on les rencontre, c’est fini ! Vous devez donner tout ce que vous avez. Nous donnons un délai d’une semaine. Après, nous allons encore nous réunir pour voir ce que nous pouvons faire », a-t-il affirmé à RADIOMOTO.NET.  

A l’issue de cette même rencontre, une femme de Mathembe a regretté que les femmes de cette partie de Butembo ne se sentent plus en sécurité la journée comme la nuit. Celles-ci ne savent plus comment sortir de leurs parcelles pour vaquer à leurs activités, surtout des activités champêtres.

« Les femmes de Mathembe sont tristes. Les enfants ne vont plus à l’école à cause de la peur des militaires. Les femmes ne vont plus au champ car elles ont peur d’être violées par les militaires. Hier, nous sommes retournés du champ par le simple fait de voir une tenue militaire », a-t-elle témoigné.

La DYFEGOU, qui a accompagné ces vulnérables de Mathembe, a plaidé pour le jugement des militaires incriminés dans des bavures à Mathembe.

« Nous voulons que les militaires auteurs de ces exactions soient jugés. De préférence, qu’ils soient organisés des audiences foraines, et que toutes les recommandations des habitants de Mathembe trouvent gain de cause », plaide Valinandi Heleine, cadre de la DYFEGOU.

Le Maire de Butembo a promis aux habitants de Mathembe et à la DYFEGOU les réponses à toutes les recommandations lui exposées.

Esther Vwiravwahali

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