À Goma, des jeunes filles se battent contre les VBG 

L’humanité célèbre le 25 novembre de chaque année la journée de lutte contre les violences faites aux femmes. En ville de Goma (Nord-Kivu), RADIOMOTO.NET a interrogé certaines jeunes filles pour savoir si elles ont, un jour, été victime des violences faites aux femmes non seulement sexuelles, mais aussi dans des ménages, institutions scolaires et universitaires, mais aussi dans les transports en commun. 

La première, sans vouloir que son nom soit cité, a avoué avoir subi de chantage genre après son refus catégorique, dit-elle, de céder à la sollicitation sexuelle d’un homme avec qui, ils étaient en amitié il y a de cela trois ans. Elle recevait des menaces de mort de la part de celui-ci qui n’avaient pas changé sa position. Face à cette situation, elle avait gardé son apaisement sans l’idée de traduire en justice le monsieur et c’était la fin de leur aventure. 

“Bien sûr, j’ai déjà été victime de violences. Bon, ce n’était pas de la violence sexuelle, mais c’était plutôt une forme de chantage. J’étais dans une relation avec quelqu’un, et comme je ne pouvais pas m’offrir à lui, il m’intimidait. Il me disait qu’il avait des connaissances parmi les officiers militaires, donc que si je continuais à refuser ses avances, il pourrait envoyer des militaires chez nous. Il me disait : « Moi, je ne vais pas te tuer, mais je peux faire de toi une fille malheureuse. Toute ta famille sera morte, et toi, tu resteras seule pour soigner cette douleur. Ce sera difficile pour toi. » Au début, j’étais effrayée. Mais avec le temps, je me suis dit que ma vie, ce n’est pas lui qui l’a écrite. Tout ce qui pourrait m’arriver viendrait de la volonté de Dieu, pas de la sienne”, a-t-elle témoigné. 

De l’autre côté, deux autres filles, toujours habitantes de Goma, ont affirmé n’avoir jamais été victimes des actes qui portent atteinte à leur dignité. Elles s’efforcent d’être fortes devant toute tentative visant à les abuser sexuellement ou non et appellent leurs semblables à la résistance face aux situations pouvant dégrader leur personnalité et c’est par l’estime de soi ainsi que la détermination. 

“(I) Nous sommes dans une nouvelle génération. Personne ne peut me minimiser parce que je suis une femme. Du coup, tout dépend de moi. Peut-être que d’autres personnes ont eu à subir ces genres de choses, mais de mon côté, pas vraiment. Moi-même, je me bats contre ça. Moi-même, j’intimide les gens, enfin, pas intimider dans le mauvais sens, mais je suis tellement têtue que quelqu’un ne peut pas réussir à m’intimider juste parce que je suis une femme. (II) On subit souvent ces genres d’atrocités quand on n’a pas l’estime de soi. D’autres en profitent parce qu’ils se disent : « Bon, dans tous les cas, elle ne dira rien. » Beaucoup de ces abus se passent dans l’intimité. (III) Par la grâce de Dieu, ça ne m’est jamais arrivé. Je ne me laisse pas intimider. Je pose toujours mes limites. Quand je vois qu’il y a quelque chose qui ne me plaît pas, je dis non. Et ensuite, je m’éloigne directement de la personne. Aux autres filles, je dis : ne vous laissez pas intimider. Ne faites pas des choses juste pour plaire aux autres, alors que vous savez très bien que ça aura des conséquences dans votre vie”, ont-elles conseillé. 

Le thème retenu pour cette année a porté sur la ‹‹ lutte contre la violence numérique et la mise en lumière des violences sexuelles facilitées par la soumission chimique››, tandis que l’ONU persiste sur l’idée : ‹‹ tous unis pour mettre fin à la violence contre les femmes et filles ››.  

Selon certaines données, au-moins une femme est tuée en une minute dans le monde, l’Afrique devient de plus en plus le continent où le féminicide s’amplifie davantage alors qu’en République Démocratique du Congo surtout dans sa partie Est, les femmes sont victimes en grand nombre des violences sexuelles et autres formes d’atrocité dues aux conflits armés loin.  

Ghislain Siwako

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