À Goma, certains habitants doutent de la mise en application de l’accord de paix signé à Washington
Les habitants de Goma de retour dans les rues de la ville, jeudi 30 janvier 2025. AFP - JOSPIN MWISHA
L’entérinement de l’accord de paix par les chefs d’État, Félix Antoine Tshisekedi et Paul Kagame devant l’Américain Donald Trump, jeudi 4 décembre 2025 à Washington fait aussi parler les habitants de Goma, au Nord-Kivu.
Après cette étape que les parties prenantes qualifient d’historique dans la résolution du conflit entre les deux pays, ces habitants rencontrés par RADIOMOTO.NET ce vendredi saluent et s’alignent derrière toutes les démarches visant à ramener la paix dans les zones en guerre. Néanmoins, ils doutent de la mise en application du contenu de l’accord étant donné que des affrontements continuent dans plusieurs parties du Nord et Sud-Kivu.
Ils estiment ensuite que le document signé n’aura de valeur que lorsqu’il sera traduit en actes concrets sur terrain, mais aussi quand les groupes armés, au centre du conflit, accepteront de déposer les armes et suivre la voie de la pacification.
“(I) Nous n’attendons que la paix. Cela fait plusieurs mois que nous souffrons, que nous vivons dans la guerre. Il y a énormément de difficultés dans la ville de Goma, à l’est du pays. Nous espérons simplement la paix. Mais il y a une inquiétude : les rebelles présents sur le sol congolais disent que cet accord ne les concerne même pas. C’est une question que beaucoup d’habitants se posent : comment a-t-on pu signer un accord alors que ces rebelles sont toujours là, sur notre territoire ? C’est là notre principale crainte. (II) Pour moi, tout ce que j’attends, c’est vraiment la paix. Il faut que ce soit plus qu’un simple document, parce que cela fait longtemps que de tels accords sont signés, mais malheureusement, ils restent dans les tiroirs. Nous voulons qu’il y ait des résultats concrets. C’est tout ce que nous espérons : la paix. Et oui, cela nous inquiète, parce qu’on ne peut même plus dire avec certitude que c’est vraiment notre armée sur le terrain. S’ils pouvaient partir, ce serait vraiment une bonne chose”, ont-ils opiné.
La ville de Goma, sous occupation de l’AFC/M23 depuis fin janvier cette année, a connu d’événements cruels qui ont conduit à la perte des nombreuses personnes, la perturbation de son système économique et éducatif, la fermeture des banques et de l’aéroport.
La Rédaction