RDC : « l’accueil des forces ougandaises serait un signe que les FARDC ont encore du mal à mettre fin à l’activisme des rebelles » (Shafi Musitu)

La probable entrée des forces de l’armée ougandaise en RDC afin de soutenir les FARDC à mettre fin à l’activisme des groupes armées, dont les rebelles de l’Allied Democratic Forces (ADF), suscite déjà des réactions. En prélude des opérations conjointes, dont l’annonce officielle est attendue, des acteurs politiques et civils réagissent pour déclarer les enjeux de l’entrée de l’armée ougandaise en RDC.

Au cours d’un entretien avec des journalistes à Butembo ce lundi 29 novembre 2021, Shafi Musitu, acteur de la Véranda Mutsanga, opine d’abord que l’accueil de l’UPDF en RDC est une décision sensible qui mérite d’être bien gérée. Ensuite, il montre que c’est un signe que les FARDC ont encore du mal à mettre fin à l’activisme des rebelles, même quand le Chef de l’Etat a décidé de l’instauration de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri. Enfin, Shafi Musitu avertit sur un risque de voir la situation sécuritaire empirer dans le cas où l’intervention d’autres troupes étrangères aux côtés des FARDC n’est pas bien surveillée par les autorités de la RDC.

« J’aurais bien voulu que l’Ouganda agisse dans l’autonomie. Lorsque ca se fait ensemble, je crois que ca va encore causer des problèmes. Un pays qui vient intervenir pour une cause noble chez nous ? Il y aura incompréhension dans le commandement », avertit-il.

Par ailleurs, cet acteur de la Véranda Mutsanga invite les jeunes de Butembo à ne pas adhérer à des groupes armés qui ne font que troubler la quiétude de la population. Shafi Musitu déplore que la composition des groupes Mai-Mai qui insécurisent les alentours de Butembo ne soit constituée que des jeunes. « Ces jeunes ont plutôt leur place dans l’armée, la police, dans le milieu professionnel ou scolaire », conseille-t-il.

Aussi, il faudrait que les autorités renforcent des moyens logistiques pour les forces de l’ordre et de sécurité afin qu’elles servent honnêtement et professionnellement la population.

Patrick Kalungwana

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