Butembo : l’oignon en hausse sur le marché
Il s’observe une hausse du prix des poireaux sur le marché à Butembo. Un colis de cette denrée qui s’achetait jadis à 80 mille francs s’acquiert actuellement à 300 mille francs congolais pour les revendeurs. Constat fait ce samedi 03 mai 2025. Au marché de fortune Makasi où les poireaux sont vendus en grande quantité, les revendeurs n’ont pas assez de marchandises.
L’une de ces revendeuses qui s’est confiée à Radio Moto Butembo-Beni indique que c’est depuis janvier que les poireaux ne viennent plus en abondance. La petite quantité qui arrive sur le marché est vendue à prix élevé, a-t-elle fait savoir.
Parmi les raisons, notre interlocutrice a cité l’insécurité dans les zones d’approvisionnement dont Kipese et Kasereka occupés par le M23. Ici, plusieurs paysans se sont déplacés pour des milieux jugés sécurisés.
« En tout cas, c’est compliqué avec le prix des poireaux. Ceux qui nous amènent le poireau, ils disent que, dans leurs milieux, ils déclarent leur produit vivrier avant de l’évacuer vers les marchés. La deuxième raison, c’est l’insécurité dans ces zones d’approvisionnement. Beaucoup de paysans sont devenus des déplacés de guerre et ils vivent actuellement à Butembo. La troisième raison, ça peut être le fait que les femmes sont violées dans ces zones-là et ne veulent plus y aller à la recherche des marchandises. Un colis moyen coûte 300 000 francs congolais, alors qu’avant, on pouvait l’avoir avec 80 000 ou 100 000 francs congolais », rapporte la vendeuse.
Cette situation ne permet plus aux revendeurs de poireaux de tirer profit de leurs activités commerciales, se désole notre source. Car, dit-elle, les poireaux étaient la denrée la moins couteuse sur le marché.
« Il n’y a jamais eu de déclarations de provisions agricoles dans les régions de Kipese et Masereka avant l’évacuation pour le marché. Cela va occasionner la famine ici, en ville de Butembo. Le poireau n’a jamais hanté ce prix. C’était d’ailleurs la denrée la plus coûteuse. Nous comptons six poireaux de bonne qualité à 2000 francs, et la catégorie des petits, 6 coûtent 1000 francs. Même s’il y a ces chérisses, le poireau n’a jamais atteint ce prix. Seulement, nous sommes habitués à cette activité, c’est pourquoi nous continuons à travailler », rapporte-t-elle.
Les poireaux et l’oignon consommés à Butembo proviennent de Kipese, Masereka, Kyondo, Luotu et Magheria.
Joëlle Mwengevalwahi