Oïcha : situation tendue au lendemain de l’assassinat d’un taximan
La tension a été perceptible chez les conducteurs de mototaxi, ce mardi 27 mai 2025, en commune d’Oïcha, au lendemain de l’assassinat de leur collègue. Plusieurs d’entre eux ont déserté les parkings, alors que d’autres roulaient à vive allure en klaxonnant. Des éléments de la Police étaient déployés dans les points chauds pour prévenir toute éventualité. La société civile d’Oïcha, de son côté, exprime sa désolation et accuse les services habilités de passivité dans le traitement des questions sécuritaires.
Au centre-ville d’Oïcha, tout comme dans certains quartiers, les parkings de mototaxis étaient désertés. Les taximen, en colère, faisaient des allers-retours, roulant à vive allure en klaxonnant.
Au parking “Mathe Mathieu”, où la victime était affiliée, la tension était à son comble. Des dizaines de personnes, principalement des conducteurs de mototaxis et des proches du défunt, s’étaient rassemblées.
Sur place, un sentiment de tristesse était lisible sur les visages, tandis que certains étaient en larmes. L’entrée de ce parking ainsi que son avenue ont été barricadées par les taximen en colère. L’un d’eux qui s’est confié à RADIOMOTO.NET exprime son ras-le-bol face aux assassinats qui ciblent les conducteurs de mototaxis.
Plusieurs personnes ont passé la nuit au parking du pauvre Sage Kasereka Mayani pour exprimer leur colère. C’est le cas de cette femme, propriétaire d’une moto-taxi, qui partage son inquiétude face à cette nouvelle forme d’insécurité ciblant les taximen.
“On ne sait pas ce qui se passe. C’est le deuxième cas. Un autre conducteur de mototaxi avait été tué récemment et on ne sait pas pourquoi. Avec ce nouveau cas de meurtre, nous sommes tellement en colère. Nos collègues ne peuvent pas être tués chaque jour comme ça”, s’est-il indigné.
Pour la société civile d’Oïcha, ce nouveau cas de meurtre est la conséquence de la léthargie avec laquelle les questions sécuritaires sont traitées dans la commune. Darius Syahira, son rapporteur, critique les services de sécurité qui, selon lui, entament des enquêtes qui ne finissent jamais, favorisant ainsi l’impunité.
“C’est vraiment un regret. Nous pensons que ce sont les conséquences d’une certaine légèreté dans le traitement des dossiers sécuritaires dans la commune d’Oïcha. Par exemple, dans les enquêtes préliminaires, on sent vraiment que les enquêtes sont toujours éternelles, qui n’aboutissent jamais. Jusqu’aujourd’hui, au moins pour le premier cas, on aurait pu déjà constater les résultats et puis savoir la suite réservée aux présumés bandits”, a-t-il regretté.
Un incident similaire s’est produit, il y a près d’un mois, le soir du 9 avril 2025, dans le quartier Mbimbi, près de la concession de l’ISTM. Ce jour-là, vers 19 heures, le taximan Kambale Kapanza Willy avait été abattu d’une balle dans la tête. Sa moto avait été volée, et, à ce jour, aucune suite n’a été donnée à cette affaire.
Samy Kitha