Beni : la chefferie des Bashu confrontée à une pénurie de registres de naissance depuis 3 ans
Depuis trois ans, les sept groupements de la chefferie des Bashu sont privés de registres de naissance. Face à cette impasse administrative, la société civile et l’officier de l’état civil local ont lancé, le lundi 12 janvier 2026, un plaidoyer urgent auprès du gouvernement congolais et de ses partenaires. Maître Maombi Kahongya, président de la structure citoyenne, a publiquement fait part de sa vive préoccupation.
Cela prive, dit-il, les enfants de leur droit d’être reconnus comme des citoyens. Il affirme que même les intervenants dans ce secteur ne comprennent pas comment la chefferie des Bashu peut être oubliée jusqu’à ce niveau alors que d’autres entités voisines ont des stocks suffisants.
« Nous ne comprenons pas comment les entités voisines disposent de registres en stock, alors que la chefferie des Bashu est oubliée. Cela fait déjà trois ans que nous attendons, et nous appelons l’État congolais ainsi que ses partenaires à faire tout leur possible pour acheminer les registres de naissance dans la chefferie des Bashu », a-t-il plaidé.
Depuis trois ans, les nouvelles naissances de Bashu sont enregistrées dans de gros cahiers au risque de se perdre ou de se détériorer. Aussi, comme défenseur de droits humains, Maître Maombi Kahongya craint que ces enfants soient considérés comme des apatrides alors qu’ils pouvaient être enregistrés en temps.
« Ces enfants risquent d’être considérés comme des apatrides. Cela entraînera aussi une conséquence de saisie du tribunal pour que l’erreur soit corrigée à travers un jugement d’homologation. Et vous savez qu’en République démocratique du Congo, saisir le tribunal nécessite des moyens : il faut engager un avocat, entre autres, alors que nos enfants auraient dû être enregistrés gratuitement, comme le prévoit la législation congolaise », a-t-il alerté.
Il est à préciser que la législation congolaise exige l’enregistrement de toute nouvelle naissance dans les 90 jours qui suivent. Gratuitement. Après ce délai, un jugement supplétif d’acte de naissance est requis, délivré par le tribunal.
Stanley Muhindo