RDC : Arsène Kaputu s’oppose à toute réforme constitutionnelle dans le contexte actuel
« Changer la constitution, c’est normal, mais le faire en République démocratique du Congo actuellement, c’est inopportun ». C’est l’analyse faite par le politologue Arsène Kaputu au cours d’une interview avec RADIOMOTO.NET, le jeudi 23 avril 2026. Cet enseignant et chercheur en sciences politiques craint que derrière la démarche se cache la volonté de se maintenir au pouvoir.
Tout d’abord, l’assistant Arsène Kaputu reconnait que le changement d’une constitution n’est pas un crime. Cependant le contexte congolais rend ce projet inopportun.
« Le changement de la constitution, il faudra dire que ce n’est pas une nouveauté. Dans tous les pays du monde, on change de constitution. Les constitutions sont comme les États ou comme les êtres humains. Les États naissent, grandissent et peuvent mourir. La constitution, on peut l’écrire, on l’adopte, on peut la réviser. Comme on peut la changer, si elle ne répond pas à la réalité du pays ou peut-être aux demandes de la population. Mais dans le contexte de la République démocratique du Congo, la constitution ne fait pas problème. Ce sont plutôt les hommes politiques qui font problème. Au lieu de croire aux idées, ils croient plutôt aux individus », a-t-il démontré.
Le politologue Kaputu Arsène craint l’agenda caché du pouvoir en place qui veut à tout prix le changement de la constitution. Pour lui, cette démarche risque de plonger davantage le pays dans une crise.
« Toutes les manœuvres qui sont fomentées par l’Union sacrée de la nation, c’est pour permettre à Félix-Antoine Tshisekedi de briguer un autre mandat. Or, la Constitution l’a déjà interdit. Si on changeait la Constitution, c’est que les compteurs tournent à zéro. On n’organise pas les élections. Donc, ma crainte, c’est que cette idée-là nous renvoie à la crise que même, peut-être, ceux qui sont en train de travailler sur plus ou moins le changement de la Constitution ne sauront pas résoudre. Parce que déjà, le M23, c’est une crise où certains citoyens disent que les institutions de Kinshasa ne sont pas légitimes. Et je crois que c’est une crainte qui est partagée par beaucoup de personnes », a-t-il opiné.
Il convient de préciser que la question de la révision ou du changement de la constitution congolaise délie les langues pour les acteurs sociaux et politiques. Nombreux sont ceux qui estiment que la République fait face à plusieurs autres problèmes qui nécessitent aussi l’attention des autorités, notamment la sécurité et le social des Congolais.
Joëlle Mwengevalwahi