RDC: des produits de PAM destinés à l’aide humanitaire vendus frauduleusement à Butembo  

Deux hommes transportent un sac de vivre en provenance d'un convoi du Programme Alimentaire Mondial(PAM) ce 1/01/2003 dans le Camp des déplacés à Geti en RDC, lors de la visite de Jan Egland, Secrétaire générale des Nations Unies en charge des affaires Humanitaire. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

La vente des produits destinés à l’aide alimentaire est actuellement une réalité en ville de Butembo. C’est le cas de la farine de maïs distribuée récemment aux déplacés de guerre par le Programme alimentaire mondial (PAM). Cette pratique impacte négativement la vente des produits locaux, comme le Mikaela de l’entreprise Halinunga Investiment. Radio Moto Butembo-Beni a réalisé ce constat ce vendredi 13 octobre 2023.

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Sur le marché noir de Butembo, cette farine est vendue par fraude, au détriment de celle légalisée. Ici, les vendeurs en majorité des femmes, déversent cette farine dans des bassins pour ensuite revendre en détails.

Au milieu des revendeurs ce vendredi en plein marché central de Butembo, nous apercevons l’une de ces vendeuses. Cette femme, avec un brun de sourire, note que sa farine de maïs lui a été ravitaillée par les déplacés de guerre à partir de la région de Beni. Sous anonymat, elle reconnait et démontre que cela se fait par fraude, avec tous les risques sur la route Butembo-Beni.

« La farine de maïs kaunga est donnée en terme d’aide aux déplacés. Les bénéficiaires la cachent et la vendent en bas prix. C’est par la suite qu’ils nous l’envoient à Butembo. Si on vous appréhende avec avant de l’installer, sinon c’est une fraude. Après l’achat, il faut bien cacher cette marchandise jusqu’au marché, ensuite ouvrir le sac et détailler la farine. Elle est bien vendue. On ne peut pas arrêter quelqu’un en pleine vente. On peut vous arrêter lors de sa décharge du camion si elle n’est pas bien enveloppée. Cette farine nous vient d’Oïcha. Une fois à Butembo nous l’achetons en cachette avant de la détailler. Nous achetons un sac à 60 milles francs », a-t-elle témoigné.

Cette pratique a déjà impacté sur la vente des autres farines produites localement. La farine de maïs Mikaela de l’entreprise Halinunga Investiment en est la preuve. Les petits commerçants s’en procuraient en grande quantité pour en suite revendre sur le marché local.

Dans un entretien accordé à la presse à Musienene, ce même vendredi, le chef de production de l’usine Mikaela, note qu’avec une production de 15 tonnes par jour, l’entreprise arrivait à vendre plus de 500 sacs de cette farine de maïs made in Musienene. Mais la donne a totalement changé depuis l’arrivée du produit de PAM sur le marché, se désole Jules Sivendana.

« Les gens fuient nos produits pour aller dans les marchés parallèles. Automatiquement, nous ne vendons plus. Notre production moyenne c’était 15 tonnes par jour. En ce qui concerne l’écoulement, c’était aux environs de 400 pièces. Actuellement, c’est une catastrophe. Quand il y a une difficulté comme dans l’entreprise, on pense aux congés techniques. On travaille avec un nombre très réduit », a-t-il fait savoir.

La conséquence directe de cette situation est que cette usine locale a décidé de remettre certains de ses employés à la maison pour un congé technique. Dans sa sortie médiatique, le mardi 10 octobre dernier, le PAM a dénoncé la commercialisation de l’aide alimentaire destinée aux vulnérables au Nord-Kivu.

Cette organisation humanitaire parle entre autres de l’huile végétale, de la farine de maïs et de blé, de haricot et tous les suppléments nutritionnels. Le PAM, met ainsi en garde les auteurs de cette vente. Il prévient que cette pratique est passible des poursuites judiciaires.

Glodi Mirembe

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