Nord-Kivu : « Aucun soubassement ne peut justifier la gestion rotative de la province » ( Prof. Muhindo Mughanda)

Aucun soubassement ni politique ni juridique ne peut justifier la gestion rotative de la province du Nord-Kivu. Opinion du professeur Muhindo Mughanda, enseignant en sciences politiques à l’Université Officielle de Ruwenzori. Il l’a dit lors de la conférence-débat tenue ce samedi 22 aout 2020 dans la grande salle des réunions à la mairie de Butembo.

Ce scientifique ne comprend pas l’initiative de trois députés provinciaux ayant proposé la gestion rotative du Nord-Kivu par chacune des communautés tribales.

« Cette proposition devient dégoutante lorsque ceux qui la font savent qu’une fois élu, le gouverneur est gouverneur de toute la province, de tous les partis et de tous les membres, de toutes les ethnies », a-t-il lancé.

Le professeur Muhindo Mughanda trouve qu’il est difficile que toutes les communautés tribales gèrent successivement le Nord-Kivu en raison de cinq ans impartis au mandat du Gouverneur.

« Si nous avons autour de 14 communautés au Nord-Kivu et que chacune d’entre elles a droit à 10 ans dans un poste à la tête de la Province, chaque communauté devrait attendre autour de 140 ans avant de réoccuper le même poste. Qu’est ce qui est passé par la tête de ces députés lorsqu’ils proposaient une chose de ce genre ? », s’est-il interrogé.

Au lieu de la gouvernance rotative, professeur Muhindo Mughanda propose qu’il y ait un plaidoyer pour la méritocratie.

En fin juillet 2020, le gouverneur de province a convoqué une conférence à Goma chef-lieu de cette province. Après ces assises, trois députés ont organisé  une marche le 6 aout pour réclamer une gestion rotative du Nord-Kivu. Le professeur Muhindo Mughanda a exposé sur cette matière après que maître Aimé Mbugheki, avocat et expert assistant du directeur de cabinet du gouverneur de la province du Nord-Kivu, venait de parler du thème « Beni et Butembo dans les brouillards face aux enjeux politiques de l’heure en RDC. Quel remède pour un repositionnement ».

Notons que ces échanges ont fait réunir ce samedi, les confessions religieuses, la société civile et autres organisations. Les mêmes échanges ont été développés vendredi 22 aout 2020 pour les autorités de base, les représentants des mouvements sociaux et groupes de pression, les partis politiques et certains syndicats.

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